Archives de l’auteur : Marjorie Le Berre

Où il est question de pluralité et d’ouverture par Johana Simon

Le travail de Marjorie Le Berre se construit au fil du temps. Rien n’est pré-écrit, le départ comme l’arrivée sont floues, pour que l’on puisse à n’importe quel moment être assez libre pour bifurquer, et revoir le parcours depuis un autre point de vue.
Car il s’agit aussi de ça, dans la démarche de son travail : parcourir, se frotter au dehors, à ce/ceux qui le composent. Mais comment faire percevoir ce visible au niveau du sens ? C’est à dire, les sensations, les fragments de vie, le territoire, en évitant le déterminisme sociologique.
C’est pourquoi son travail plastique est pluridisciplinaire souvent fait d’installations, avec une belle place faite au récit.

C’est un travail fragmentaire, comme un jeu de piste où les cohérences se relient à même l’œuvre, où les coordonnées de départ sont incertaines pour mieux les multiplier ainsi que les chemins qui en découlent, pour favoriser les mélanges.

Marjorie Le Berre nous raconte des histoires du réel, avec ou sans la présence du langage, quand il y a une narrativité elle joue entre la description et la fiction, entre le passé et le présent, entre les mots eux même et les images qu’ils convoquent.
Si les trajectoires sont multiples, à la source de sa production Marjorie Le Berre opère un véritable travail de sélection, de découpe, de superposition, de documentation pour nous proposer par cet exercice de montage une réflexion à la fois esthétique, éthique et politique de ce que veux dire être au monde.

 

Marcher à reculons

Cartographier l’hétérotopie provoque des mouvements inattendus. Traduire plastiquement l’entre-deux c’est effectivement essayer de situer dans un temps entre présence et absence, un espace flottant qui n’existe qu’au seuil de la fiction et de la réalité, qu’à l’interstice de la rive, entre terre et mer. Pas encore arrivé ou pas tout à fait parti.

Ouvrir l’espace temps du Juif Errant fait peur…

Tu touche avec les yeux…

Passer d’un continent à l’autre en approximativement 240heures, procure la même sensation que se placer devant un globe terrestre, le mettre en orbite et placer son doigt sur la terre qui se présente à vous quand il s’arrête de tourner.

C’est la terre qui vient à vous.

C’est alors que la carte se replie sur elle-même, se condense en une sphère. Par un illusoire changement d’échelle, on a la sensation de pourvoir la prendre dans ses bras, d’être capable d’en comprendre l’étendue.

Mais on la voit et on ne la touche pas.

Iterare ou errare

Regarder un ciel étoilé par temps couvert permet de faire l’apprentissage de sa façon de voyager.

1-    Soit on cherche à relier les points et à cartographier le ciel pour retrouver une localisation.

2-    Soit on plonge dans les trous noirs pour ouvrir les portes d’un monde parallèle celui de l’errance.