« où il avait tant plu que la mer s’était troublée à en brunir » / 2018-2021


Anguille nageant. Chronophotographie sur pellicule mobile / Etienne-Jules Marey - Meudon / Source : Bibliothèque patrimoniale catalogue en ligne des archives du Collège de France

l’anguille européenne ou anguilla anguilla se dirige à l’aide de la pleine lune, elle traverse l’atlantique pour rejoindre l’anguille américaine, anguilla rostrata, dans la mer des sargasses, mer sans rives, pour se reproduire et reprendre son cycle de développement. ce poisson migrateur passe sa vie à se transformer : de leptocéphale à civelle, puis anguille jaune et enfin anguille argentée, pour s’adapter aux milieux traversés : eaux saline, saumâtre et douce. rencontrée sur mon chemin en 2017, elle est devenue une boussole, un mode d’orientation.

lors de mes recherches je découvre qu’en 1888, etienne-jules marey étudie le mouvement de l’anguille par la chronophotographie. exposant à une lumière trop forte ce poisson lucifuge*, il étudiera son déplacement et développera la pellicule souple.

le projet est une enquête autour de l’image fixe et l’image du/en mouvement, en suivant l’anguille entre les estuaires de la loire et du saint-laurent (Québec), à la rencontre de celles et ceux qui lui sont lié.e.s.

*lucifuge : qui craint la lumière

anguille nageant. chronophotographie sur pellicule mobile / Etienne-Jules Marey – Meudon / source : bibliothèque patrimoniale catalogue en ligne des archives du Collège de France

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qui une nuit, à une heure que personne ne peut connaître,
en dehors de la zone aveugle, elle voit bleu.
en l’absence de paupières, elle voit flou,
la pierre de son oreille dit un chemin.
là où il y a des joncs au bord de l’eau,
changeant de peau en eaux saumâtres,
en passant par la mer sans rive,