« Où il est question de pluralité et d’ouverture » – Johana Simon

Le travail de Marjorie Le Berre se construit au fil du temps. Rien n’est pré-écrit, le départ comme l’arrivée sont floues, pour que l’on puisse à n’importe quel moment être assez libre pour bifurquer, et revoir le parcours depuis un autre point de vue.
Car il s’agit aussi de ça, dans la démarche de son travail : parcourir, se frotter au dehors, à ce/ceux qui le composent. Mais comment faire percevoir ce visible au niveau du sens ? C’est à dire, les sensations, les fragments de vie, le territoire, en évitant le déterminisme sociologique.
C’est pourquoi son travail plastique est pluridisciplinaire souvent fait d’installations, avec une belle place faite au récit.

C’est un travail fragmentaire, comme un jeu de piste où les cohérences se relient à même l’œuvre, où les coordonnées de départ sont incertaines pour mieux les multiplier ainsi que les chemins qui en découlent, pour favoriser les mélanges.

Marjorie Le Berre nous raconte des histoires du réel, avec ou sans la présence du langage, quand il y a une narrativité elle joue entre la description et la fiction, entre le passé et le présent, entre les mots eux même et les images qu’ils convoquent.
Si les trajectoires sont multiples, à la source de sa production Marjorie Le Berre opère un véritable travail de sélection, de découpe, de superposition, de documentation pour nous proposer par cet exercice de montage une réflexion à la fois esthétique, éthique et politique de ce que veux dire être au monde.