mouvement perpétuel, Craby, Kelly, Matthew, Spanish and others fishermen / 2015

installation, peuplier, verre, azurant optique Blue Crown, papier, photographies, 80cmx7m

Vue d’exposition Manoir de Soisay, 2017 (Vue partielle de Mouvement perpétuel et Aux extrémités de la houle, Fanny Paldacci)

 

Lundi (© Arnaud Ele)

Mardi (© Arnaud Ele)

Mercredi (© Arnaud Ele)

Jeudi (© Arnaud Ele)

Les pêcheurs du village de Maracas Bay Fishing Village à Trinidad-et-Tobago vivent cachés derrière une digue qui les sépare des touristes envahissant la plage, où paradoxalement, les touristes se régalent de leur pêche. En effet les pêcheurs vendent chaque jour l’intégralité de leur prise aux restaurateurs de la plage qui proposent aux touristes, le très prisé sandwich Bake&Shark. Ainsi quotidiennement, quelque soit les conditions météorologiques, une des embarcations amarrées à la terre prend la mer pour aller pêcher le requin, espèce en décroissance dans la baie.

L’installation, composée de 7 cadres à retourner chaque jour, est un calendrier perpétuel. 

Le processus et le contexte de réalisation des dessins-empreintes visibles au recto, apparait jour après jour sur une semaine entière. 

Chaque jour, les différents indices permettent de découvrir le travail de collaboration avec différents membres d’une communauté de pêcheurs, et ce par la prise d’empreinte de cordages; à l’aide d’un pigment bleu.

Les dessins réalisés avec les différents habitants du village de Maracas Bay Fishing Village de Trinidad-et-Tobago, sont des empreintes des cordages retenant les différents bateaux de pêche du port par application du pigment Blue Crown. Ce pigment est un azurant optique utilisé à Trinidad pour blanchir les vêtements et lors du carnaval. A cette occasion, broyé en poudre et mélangé à de la mélasse, les corps en sont enduits pour incarner un personnage mythique, le « Blue Devil », qui descend de la montagne pour prendre la mer. 

En transposant cette technique de recouvrement à l’amarre des bateaux retenus dans le port, les feuilles déposées sur le rivage se sont recouvertes progressivement de pigment bleu laissant apparaître des paysages abstraits, traduisant chaque prise de contact avec un des pêcheurs mais également un état de la mer, une amplitude de houle, le mouvement perpétuel de départ en mer.