Diplômée en ingénierie formulation chimique (science des mélanges), et des Beaux-Arts d’Angers, Marjorie Le Berre envisage l’approche empirique et la réaction en chaine, comme possible exploration de notre environnement.

Elle définit la rive, espace instable de mise en contact de deux éléments distincts, zone de mélange ou de frottement, comme métaphore de la rencontre entre deux individus, un « bord à bord », concentrant imaginaires, enjeux sociaux et politiques. Ce que Paul Virilio nomme « le lieu de la dynamique des fluides ». Cette métaphore est initiatrice de ses traversées physiques, des parcours qu’elle explore. C’est au contact de l’environnement traversé, en confrontation au réel, que nait sa pratique.

Associant cette préhension sensorielle, à des recherches liées à l’Histoire, la mythologie, la science, la littérature, elle se propose de formuler des jeux de piste entre passé et présent, réalité et fiction, individuel et commun. La stratification, la sérendipité, la pensée dérivante, se matérialisent en gestes plastiques et réflexifs de mise en relation, de possibles bifurcations, de multiplications des points de vue.

Chaque situation de traversée de notre environnement commun donne lieu à des formes labyrinthiques documentées, décontextualisées, légendées où la pluralité des techniques (installation, vidéo, performance, édition) trouve sa place avec pour dénominateur commun l’écriture.

Elle explore la narration par des récits plastiques à tiroir, entrelaçant moments vécus, métaphores et questionnement sur le langage, comme une invitation à participer à ce travail de composition, de liaison, de mise en récit instable, favorisant l’approche non univoque.