L’œuf ou la poule / 20 au 24 décembre 2016 / Collectif Centlieues / Nantes, France

Exposition collective avec Axelle Auguin, Marine Combes, Marjorie Le Berre et Alexis Sergent

Le collectif Centlieues en écho à son époque se propose d’utiliser des baux précaires comme espace de travail. Ainsi ils supplantent la question du lieu. La contrainte de trouver un atelier pour continuer son travail est éprouvée par chaque artiste sortant des écoles d’arts. Le lieu-contrainte est transformé en invitations multiples. La surface et la duré du bail détermineront le nombre de personnes invitées, le type d’événement : rencontres, conférences, projections, ateliers, expositions … Les possibilités sont multiples et infinies. Ils ont décidé de faire de l’espace une force et la condition de leurs créations. Le lieu est devenu terrain de jeux, de réflexions et de générosité. Car comme les indomptés, ils sont nomades, inventifs mais pas toujours seuls. En effet ils ont envie d’évoluer à plusieurs, d’inviter de façon fluctuante d’autres personnes à travailler avec eux, pour créer, échanger, continuer. Se réinventer dans un lieu, et réinventer le lieu de création, voilà le beau parti pris de Centlieues.

Peut-être est-ce pour cela que les acteurs de cette première partie sont des artistes questionnant la notion de paysage. Dans le sens le plus large de cette notion, ils appréhendent des fragments de notre quotidien selon leur point de vue.

Comme dans Un mage en été d’Olivier Cadiot, ils nous proposent de voir, sentir, ressentir, penser autrement ce qui nous entoure. Ils inventent, révèlent, s’inspirent et questionnent « l’agencement des traits, des caractères, des formes »1 naturelles et issues des pratiques humaines.

Au début de cette future exposition, il est arrivé un moment où baignée par le travail de tous les artistes, j’ai eu la certitude d’un socle commun indéfinissable. C’était comme une énigme en suspend, comme trouver le début d’un cercle. Mais finalement ce n’est pas tant une question commune qui les lient, mais plutôt l’enchaînement entre les différentes strates de réponse. Le nom de l’exposition est alors venu comme une évidence : « L’Œuf ou la poule ». Le paradoxe de cette interrogation est parfait pour aborder cette exposition. Bien que chaque travail soit distinct, mis ensemble ils dialoguent, aucun élément n’est prépondérant, tous communiquent.

L’exposition est à venir, le travail est libre, en devenir. Elle sera le reflet d’une pensée, d’une émotion, d’une époque et résonnera en chacun selon son prisme. Un vent de liberté se dégage de la proposition faite par le collectif Centlieues qui n’attend que vous pour la partager.

Johana Simon

1- De la nature , Aristote

 

Présentation du projet réalisé durant 2 mois de résidence au sein du Collectif Centlieues : de la page à la rue en passant par les rivières (et/ou) la ligne de ponts